La nouvelle barbie « autiste » de Mattel fait polémique !

Le 12 janvier 2026, le fabricant américain de jouets Mattel a lancé une nouvelle Barbie de sa collection Fashionistas, conçue pour représenter une personne qui est autiste. Dans l'objectif affiché de promouvoir l'inclusion cette poupée a déclenché une vive polémique en France.

L’autisme renvoie à des fonctionnements neurologiques différents, regroupés sous l’expression de spectre de l’autisme, qui recouvre une grande diversité de profils, de modes de communication, d’interactions sociales et de comportements. En France, environ 700 000 personnes sont concernées, soit près de 1 % de la population. Malgré ces chiffres, les réalités de l’autisme restent largement méconnues et souvent associées à des représentations partielles ou stéréotypées.

La Barbie lancée en janvier 2026 présente des articulations spécifiques aux coudes et aux poignets permettant certains mouvements d’auto-stimulation, un regard légèrement décalé, ainsi qu’une série d’accessoires présentés comme répondant à certains besoins sensoriels ou de communication casque antibruit rose, hand spinner et tablette de communication avec pictogrammes. Mattel indique avoir développé ce modèle après 18 mois de travail avec l’Autistic Self Advocacy Network. La marque affirme avoir voulu « refléter fidèlement les caractéristiques et les besoins des personnes sur le spectre de l’autisme » et souligne que « Barbie aide à façonner la perception du monde par les enfants en reflétant des réalités diverses ». Mattel revendique également une volonté de « promouvoir l’inclusion par le jeu », dans la continuité de sa stratégie de diversification.

Une barbie qui divise

Certaines personnes autistes, parents et proches, saluent une visibilité jugée importante. La présence d’une Barbie associée à l’autisme est perçue comme un symbole permettant à certains enfants de se reconnaître partiellement dans un jouet emblématique et de rendre plus visibles des outils utilisés par une partie des personnes autistes.

À l’inverse, l’association SOS Autisme France dénonce une représentation jugée réductrice et stigmatisante. Sa présidente, Olivia Cattan, s’est dite « extrêmement choquée », déclarant que « l’autisme n’est pas un accessoire » et que « l’on ne peut pas représenter des personnes sur le spectre de l’autisme avec des yeux de travers, un hand spinner et un casque sur les oreilles ». Selon elle, cette accumulation de signes visibles réduit une réalité complexe à une série de clichés et risque de renforcer des idées fausses sur l’autisme.

Au-delà des prises de position publiques, SOS Autisme France a annoncé avoir porté plainte contre Mattel, estimant que cette poupée porte atteinte à la dignité des personnes sur le spectre de l’autisme et contribue à une représentation erronée du handicap. L’association considère que transformer l’autisme en produit commercial participe d’une logique de marchandisation et détourne l’attention des difficultés concrètes rencontrées au quotidien par les personnes concernées, notamment l’accès au diagnostic, le manque de structures adaptées et les obstacles à l’inclusion scolaire et professionnelle.

Depuis plusieurs années, cette gamme, dite plus inclusive, intègre des poupées en fauteuil roulant, avec une prothèse de jambe ou, plus récemment, avec un diabète de type 1. Ces modèles ont eux aussi suscité des réactions, parfois critiques, sur la manière dont le handicap est représenté dans l’univers du jouet. La Barbie associée à l’autisme provoque toutefois davantage de tensions, car l’autisme recouvre des réalités très diverses et reste plus complexe à représenter sans simplifier.